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Se doter d’un « chariot de course »

Quoi que son nom puisse prêter à confusion, je ne parle pas d’une caisse à savon…

Chariot de course

Mais d’un « cabas » à roulette qui portera vos courses à votre place.

Le traditionnel et désormais très répandu ressemble peu ou prou à ça :

Cabas à roulettes

Le problème, c’est qu’il faut le tirer derrière vous avec une main, et que, ce faisant, on crée une torsion du dos et une tension au niveau de l’épaule et du coude que certains ergonomes réprouvent fortement – d’autant plus lorsqu’on y a déjà des douleurs.

C’est pourquoi vous pouvez choisir d’investir dans des  modèles qui se poussent ou lieu de se tirer. Bien droit, en poussant des deux bras, vous créez moins de tensions et donc moins de douleurs.

Chez Pasolo, ils en vendent 2 modèles (et rien ne vous empêche de pousser votre recherche personnelle plus loin !) :

Go Up Le Go Up

We Go2Le We Go

J’ai testé pour vous le « Chariot de course WE GO »

Le mien est orange alors on l’a appelé « mandarine ». Il peut porter jusqu’à 3 packs d’eau et pas mal de courses. Il est livré avec une protection imperméable à ajouter sur le dessus s’il pleut (on peut la ranger dans une petite poche sur le devant). Le chariot est doublé d’une sorte de grande poche noire intérieure qui se ferme par un lien et qui agrandit la contenance global du We Go puisque des articles peuvent déborder en hauteur des parois externes en étant maintenus par cette poche intérieure (on l’aperçoit sur la photo ci-dessus).

Plus haut qu’un caddy traditionnel, il évite de se baisser trop pour aller tout au fond. Il emporte également plus de chose (50 litres env). Il est enfin hyper stable puisque sur 4 roues alors qu’un caddy classique sur 2 roues doit être porté en partie et peut « verser » au passage d’obstacles comme un trottoir ou une marche. Il se plie si bien qu’il tient très peu de place à la maison. Il est très maniable.

Il ne peut absolument pas servir de déambulateur : il n’est pas prévu pour et ne serait pas stable. Sa poignée se monte et se descend mais je trouve qu’elle reste un peu basse et étroite pour moi. Il est très coûteux pour un chariot de courses…

En conclusion : toute la famille a adopté avec ravissement Mandarine et s’en sert absolument pour tout.

 

Se doter d’un déambulateur / d’un fauteuil roulant

Le constat

Il peut arriver certains moments de la vie d’un fibromyalgique où celui-ci doit se rendre à l’évidence : il ne peut plus faire ses courses, il ne peut plus prendre les transports en commun et, plus globalement, il hésite à sortir de chez lui parce qu’il ne sait jamais s’il trouvera l’énergie de rentrer.

Ces incapacités progressives, soudaines, temporaires ou prolongées peuvent être dues à la fatigue (j’ai fait mes courses mais je n’ai plus la force de les porter pour rentrer chez moi et je ne peux plus marcher) ou à la douleur (je n’arrive plus à tenir en position debout statique ou mobile). Du coup, faire la queue à la caisse d’un supermarché, attendre un bus, s’y tenir debout quand il est bondé se transforme littéralement en une épreuve.

Par ailleurs, bon nombre de fibromyalgiques avaient une activité physique soutenue avant de développer cette pathologie. Par exemple, ils allaient marcher avec des amis le WE. Mais maintenant, cela devient difficile.

Parfois, marcher seulement 100 mètres est impossible pour un fibromyalgique.

C’est pourquoi il peut arriver un moment où il faut accepter de se doter d’outils et d’équipement pour se simplifier la vie et rendre sa mobilité de nouveau possible afin de conserver son autonomie et ses relations sociales et amicales. Un déambulateur / un fauteuil roulant en font partie.

Quelques pistes de réflexion

« Un déambulateur ? Un fauteuil roulant ? Moi ?! ça va pas ?! » C’est à peu près ce qu’on peut se dire au début… Voici quelques idées pour vous aider à passer le cap plus en douceur (à vous de voir lesquels vous semblent pertinentes dans votre cas) :

1/ parlez-en à vos proches (conjoint(e) / enfants…) pour tester leur réaction. Voyez ensemble quels bénéfices vous pourriez retirer de cet achat et notamment la possibilité de refaire des choses que vous ne pouvez plus facilement faire avec eux. Sortir avec un déambulateur / un fauteuil roulant est surtout gênant de par l’idée qu’on s’en fait de soi… les autres s’adaptent très bien.

2/ si vous en avez la possibilité financière, achetez un « beau » déambulateur. Laissez tomber les modèles qui font « truc de vieux » (même si vous vous considérez comme « vieux » !). Les fabricants commencent à imaginer des modèles multi-formats au design soigné. Allez vous balader sur Internet et trouvez des couleurs et des options qui vous plaisent et vous correspondent.

3/ réfléchissez vraiment à vos besoins : que le modèle de déambulateur puisse surtout porter vos courses à votre place, que vous puissiez vous asseoir facilement dessus (à la caisse du supermarché par exemple ou dans la file d’attente d’un spectacle etc…), que vous puissiez disposez d’un fauteuil roulant pour quand vous ne pouvez plus marcher etc…

4/ un déambulateur / un fauteuil roulant prescrit par votre médecin est remboursé par la sécurité sociale. Pour préparer le financement du complément restant à votre charge, demandez au vendeur un devis à soumettre à votre mutuelle. Envisagez la solution de la surcomplémentaire santé (auprès de votre mutuelle ou d’une autre mutuelle).

5/ n’hésitez pas à acheter par Internet si les pharmacies qui sont proches de chez vous ne vous proposent rien de convainquant. Certains sites sont spécialisés dans le matériel pour personnes handicapées et proposent de très nombreux modèles avec un service client impeccable. Je citerai par exemple le site pasolo.com chez qui j’ai acheté plusieurs objets coûteux dont l’un était légèrement défectueux et pour lequel la réparation s’est faite de manière hyper efficace, avec un contact client très agréable et sans frais pour moi.

J’ai testé pour vous

Le « Rollateur Rollz Motion » – un déambulateur orange flashi très futé qui se transforme en quelques secondes en fauteuil roulant.

deambulateur-4-rouesRollz MotionRolls MotionRollz Motion

Mon avis :

1/ Tout le monde le trouve joli. Je n’ai eu que des remarques positives sur cet objet à tel point que des personnes m’arrêtent régulièrement dans la rue pour me poser des questions à son sujet et m’en faire des commentaires. Dans les transports en commun, lorsque je suis assise à une place avec mon « rollz » devant moi, je constate souvent que toute sorte de personnes (jeunes et moins jeunes) s’appuient dessus avec soulagement… comme quoi. Un jour, dans la rue, une vieille dame voulait absolument s’asseoir dessus (il était un mode déambulateur) et que je la pousse. Sa couleur attire le regard et les compliments.

2/ La transformation en fauteuil roulant est hyper simple. Elle prend moins d’une minute. Le fait d’emporter le « kit fauteuil » (le sac noir avec la poignée rouge sur la photo ci-dessus) donne une grande liberté d’esprit : je marche aussi longtemps que je peux et quand je ne peux plus, on peut transformer le déambulateur en fauteuil. Attention, cependant, il a des petits roues ce qui signifie qu’on ne peut déplacer par soi-même le fauteuil en étant assis dessus : il faut que quelqu’un vous pousse. Je trouve que le kit fauteuil gène un peu lors de l’utilisation en mode déambulateur.

3/ Le fauteuil roulant est d’un confort agréable mais il reste un objet d’appoint : il est un peu dur (j’y ai cependant déjà passé la journée entière sans douleurs particulières – il est donc tout à fait opérationnel). Sa maniabilité est moyenne pour celui qui pousse. Le franchissement d’obstacle (trottoir) est tout à fait faisable mais demande un petit coup de main. Ne pas hésiter à en rire à deux lors des premières sorties ! Une fois l’habitude prise pour celui qui pousse comme pour celui qui est assis dans le fauteuil, l’expérience est tout à fait agréable. Qu’il est bon de pouvoir suivre le groupe, d’oublier sa douleur pour être présent aux autres. Il permet également de se déplacer beaucoup plus rapidement que la vitesse de marche « habituelle » d’un fibromyalgique qui peut être très très lente.

4/ L’assise en mode déambulateur est très pratique et confortable. Outre la classique attente à la caisse du magasin ou à l’arrêt du bus, rien ne vous empêche de vous y asseoir même dans un magasin, devant un rayon, lorsque vous hésitez sur ce que vous devez acheter. Les gens comprennent très bien et vous contournent. Ces courtes pauses de quelques secondes ou minutes permettent de mieux tenir dans la durée.

5/ Le déambulateur se plie mais reste encombrant et lourd. C’est possible de le faire rentrer dans une voiture (même petite) mais il tient de la place et le soulever demande de la force.

6/ Il est possible d’acheter un sac qui se fixe sur le déambulateur. Il est cher et finalement pas très grand. Il permet de remplacer un sac à main et de contenir quelques petites courses comme du pain, une revue etc… Mais ce n’est pas un sac de courses. Un petit filet de course est accroché sous le déambulateur mais ne contient pas grand chose.

7/ Il est possible de suspendre ses sacs de courses aux poignées, même si cela gêne un peu les freins. En tant que tel, on peut même faire porter beaucoup de choses au Rollz. Néanmoins, les sacs débordent sur les côtés extérieurs du déambulateurs et, du coup, gênent le passage des portes (d’ascenseur, de magasins etc…). Ce n’est donc pas fait pour faire des courses importantes mais tout à fait ok pour faire de petites courses du quotidien.

8/ Très peu pratique dans les sols meubles. Il s’enfonce, est impossible à pousser. Je ne suis pas certaine qu’il conviendrait pour faire de la rando. Mieux vaudrait, pour cela, se procurer un modèle fait pour (comme le Trionic Veloped) qui ne se transforme pas en fauteuil roulant mais me semble plus « tout terrain ».

9/ Très coûteux, il me semble aussi très solide et fait pour durer. C’est donc un investissement. J’ai constaté en rédigeant cet article qu’il existe beaucoup de nouveaux modèles dont certains beaucoup moins chers (comme le fauteuil de transfert Drive).

10/ Même si, pour l’instant, mon « Rollz » est rangé dans un placard car je n’en ai plus besoin, il a changé ma vie pendant des mois en me permettant de faire et refaire beaucoup de choses que je ne pouvais plus faire. L’avoir me rassure. Je sais que j’ai, avec lui, une solution pour « suivre » et conserver mon autonomie dans les mauvaises passes. Et puis enfin… qui n’a jamais rêvé de « rouler en Rolls » ?… :p

La 1ère fois qu’on s’assoit dans un fauteuil roulant, on peut avoir l’impression qu’on a « touché le fond », que sa vie est finie puisqu’on n’est même plus capable de marcher… Je suppose que bien des personnes contraintes d’utiliser constamment dans un fauteuil roulant pourraient dire le contraire car elles conservent une vie qualitative malgré leur handicap. En outre, rappelez-vous que les crises douloureuses de la fibromyalgie vont et viennent. Ce que vous vivez à un moment donné ne durera pas toujours. Un déambulateur/un fauteuil vous offre des possibilités en plus. Rien de moins.

Conseil en passant

Si vous n’êtes pas fibromyalgique vous-même, je vous invite à ne pas comparer votre vécu personnel (de la douleur, de la fatigue, de la maladie, du quotidien) et celui d’une personne atteinte de cette pathologie. Parce que, bien sûr, ça vous arrive également d’avoir mal et d’être fatigué. Mais ce qui vous arrive à vous est très différent de ce qui arrive à une personne atteinte de fibromyalgie : différent en intensité, en récurrence, en vécu émotionnel, en conséquences sur la qualité de vie. Ce n’est peut-être pas pire pour elle mais c’est différent.