L’hypnose

La recherche scientifique tend à prouver que l’hypnose est un allié précieux dans la gestion de la douleur. Dans certains pays comme la Belgique, l’hypnose est parfois utilisé en lieu et place de l’anesthésie. En France, j’ai l’impression que de plus en plus d’hôpitaux forment leur personnel à l’hypnose et se sensibilisent à cette méthode. J’ai en effet eu affaire avec 3 hôpitaux publics et 1 clinique privée récemment. Les quatre m’ont parlé de l’hypnose et/ou me l’ont proposée directement en accompagnement d’autres soins.

Il se trouve que c’est une technique que je connaissais déjà car j’y avait eu recours pour préparer des examens qui me stressaient beaucoup, avec un résultat très probant. Du coup, j’ai été d’autant plus encline à accepter ces propositions, notamment autour de la question de la douleur chronique et je pense que c’est un outil à ne pas négliger.

Concrètement…

Concrètement, à moins d’être accompagné par un hypnothérapeute dans un cadre hospitalier, les séances seront à régler vous-mêmes et ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale. D’une durée d’environ 45′ à 1h, leur tarif est naturellement variable d’un praticien à un autre. Je n’ai pas fait de recensement particulier à ce sujet mais de mon expérience, il me semble qu’un coût de 45 à 60€ est « raisonnable ». Selon votre budget, vos besoins, la pratique du thérapeute, vous pourrez avoir une séance par semaine, tous les 15 jours ou bien une par mois. L’hypnose n’a pas vocation à être une thérapie de longue haleine. En toute logique, vous ne poursuivrez pas ce travail de manière régulière pendant des années. Dans le cas de la lutte contre la douleur, il me semble que l’hypnose peut aider en 2 points principaux :

  • le thérapeute apprend aux patients des techniques d’auto-hypnose lui permettant en autonomie de mieux supporter ou de réduire la douleur
  • le thérapeute aide le patient à traiter/dépasser une ou des causes émotionnelles/psychologique de la douleur, par exemple un traumatisme.

Si vous n’avez pas les moyens de vous lancer dans un accompagnement de ce type, une autre solution existe sous la forme d’enregistrement sonore d’hypnose appelés des Audiocaments.

Tandis que l’hypnothérapeute vous propose normalement une séance « sur-mesure » en lien avec vos propres difficultés, il est évident qu’un enregistrement ne s’adaptera pas à vous. Néanmoins, j’utilise les Audiocaments depuis plusieurs années et j’ai maintes fois constaté leur intérêt car ils sont relativement ciblés par thématique (céphalés, mal de dos, douleurs chroniques, détente chez le dentiste, mal au ventre etc…). Deux voix (souvent une féminine et une masculine) se relaient (et se superposent) pour vous amener à un état de profonde détente puis un état modifié de conscience pour induire des messages aidant à dépasser la difficulté ciblée ou composer avec.

Ces enregistrements peuvent s’acheter et se télécharger en format mp3 et coûtent environ 10€ pour un thème (attention, les prix indiqués sont hors TVA – il existe des packs avec plusieurs thématiques rassemblées). Vous trouverez sur le site des éditeurs une description complète de cette méthode pour vous faire votre idée.

Les techniques d’hypnose plus spécifiques pour la gestion de la douleur

Même si l’hypnose thérapeutique est de plus en plus connue, je me rends compte que certaines personnes craignent encore cette approche de peur d’être « manipulé » et qu’on leur fasse faire des choses qu’ils ne souhaiteraient pas en état d’hypnose. A ce titre, Hollywood n’aide pas vraiment car à l’instar de ce que montre la télévision ou le cinéma, l’hypnose thérapeutique n’a rien à voir avec l’hypnose « de spectacle » (dont j’ignore si elle existe réellement ou si elle n’est que « trucs et astuces » !). Certes il faut consulter un hypnothérapeute formé, certifié par un organisme sérieux – on ne peut pas s’improviser hypnothérapeute – mais au même titre que n’importe quel professionnel de la relation d’aide se doit d’être formé, supervisé et d’avoir a minima fait un travail sur lui.

Personnellement, je suis toujours pleinement consciente lors des séances d’hypnose. Je ne ressens pas les mêmes choses que dans mon état de conscience habituel (par exemple, j’ai l’impression que mes bras sont détachés de mon corps, ce qui est plutôt amusant en fait) mais je sais ce qui se passe et je peux stopper la séance si quelque chose ne me convient pas.

Pour la douleur, plus spécifiquement, j’ai testé :

  • la technique du gant magique : la suggestion vise à donner à sa main, revêtue d’un « gant magique » (imaginaire, s’il est besoin de le préciser) des pouvoirs analgésiques. En posant ensuite sa main sur une zone douloureuse de son corps, on permet à cette zone de bénéficier des pouvoirs du gant magique.
  • la mise en forme/couleur de la douleur et sa modification : dans ce cas, on se concentre sur la zone douloureuse et on cherche à donner une forme ou une couleur à la douleur. Par exemple, dans le cas d’une céphalé : je ressens la douleur et j’essaie de la préciser de plus en plus (est-ce qu’elle vibre, brûle, tire, déchire etc…). Dans ce cas, j’ai l’impression qu’un tournevis est planté sur le côté de mon crâne. C’est un tournevis plat, en fer, assez grand, avec un manche en bois. Je vais peu à peu imaginer que ce tournevis rapetisse, puis je vais changer sa matière : de fer et bois il devient marshmallow par exemple. Puis je vais changer sa couleur etc… A la fin, c’est une douce plume rose pâle qui me caresse le côté de la tête, là où j’ai mal. La douleur s’est atténuée. Parfois, la douleur brûle, dans ce cas, je vais imaginer une zone bleue, fraîche autour de ma douleur, sous la forme d’une vapeur. Elle s’insinue dans la zone douloureuse et l’atténue etc…
  • l’écoulement de la douleur : je peux tenir dans ma main un objet réel ou imaginaire (une pierre par exemple) et imaginer que ma douleur descend le long de mon bras et coule hors de moi jusque dans l’objet. Elle sort de moi et investie un autre objet. Après la séance, je peux jeter l’objet, l’enterrer, le mettre dehors de chez moi par exemple. Je peux également imaginer, pendant la séance, une eau « magique » fraîche qui s’écoule sur mon membre douloureux. Elle apaise la douleur et l’emporte avec elle.

Ce ne sont que quelques exemples. Un thérapeute saura vous aider à trouver et à vous approprier les techniques qui vous conviennent particulièrement.

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