Archives mensuelles : septembre 2015

Utiliser la micro-nutrition

La micro-nutrition consiste à utiliser à la fois l’alimentation et les compléments alimentaires pour se soigner. Il s’agit d’une discipline très pointue, complexe, nécessitant une formation poussée de la part des médecins qui la prescrivent.

A mon sens, tout fibromyalgique devrait tenter de se faire aider par un bon micronutritionniste. Hélas, les compléments alimentaires ne sont globalement pas du tout remboursés par la sécurité sociale et ceux qui sont de bonne qualité coûtent très très chers. Pour écrire cet article, j’ai fait un calcul de ce que me coûtent les compléments alimentaires que je prends actuellement : environ 50€ par semaine soit un peu plus de 200€ par mois. Autant dire que c’est un luxe qu’il faut requestionner pour soi-même régulièrement en fonction du ratio coût/bénéfices…

J’ai testé pour vous…

En lisant le livre de J.P. Curtay sur la fibromyalgie, j’ai compris l’importance de la micronutrition et l’intérêt des compléments alimentaires pour accompagner cette pathologie. A l’aide de son livre, je me suis lancée dans une « auto-complémentation » que j’ai poursuivie plusieurs mois… sans observer de réel bénéfice. Autour de moi, je ne rencontrais aucun médecin qui pouvait me l’expliquer, soit parce que, de leur propre aveu, « ils n’y connaissaient rien en micronutrition » soit parce qu’ils pensaient carrément que ça ne servait strictement à rien.

C’est aux thermes d’Allevard que j’ai fait la connaissance du Dr Sarah Merran, alors qu’elle faisait une conférence sur la micronutrition. Suite à ma cure, j’ai pris RV à son cabinet, pourtant situé à plus d’1h de chez moi et depuis, je vais la voir régulièrement (tous les 2-3 mois environ).

La raison pour lesquelles les compléments alimentaires que je prenais ne me faisaient à peu près rien était  assez simple : mes intestins étaient dans un tel état que tout ce que je pouvais tenter absorber comme nutriments ou compléments alimentaires finissait tel quel… aux toilettes. Pas glamour mais, compte tenu du coût d’une telle médication et de l’enjeu d’aller mieux, une information essentielle !

Le 1er travail qu’à fait Sarah Merran avec moi a donc été de me « réparer les intestins ». Résultat : je me suis rendue compte que j’avais très mal au ventre depuis des années… et en environ 1 année, cela s’est réglé. Elle m’a également très rapidement énormément surcomplémentée en magnésium, ce qui m’a stoppé mes crises de spasmophilie et a atténué les douleurs.  Je ferai des articles sur certains compléments alimentaires que je prends pour en décrire plus précisément l’intérêt (de mon point de vue). Cependant, il me parait assez clair que les prescriptions faites par le Dr Merran pour moi ne s’appliquent qu’à moi. C’est pourquoi je vous conseille très fortement d’aller consulter un micro nutritionniste si vous souhaitez vous orienter dans cette voie.

Mon bilan après 2 ans de prise de compléments alimentaires sous les conseils du Dr Merran : je suis plus autonome et repère mieux ce dont j’ai besoin ou moins besoin. Je n’ai plus d’intolérance au gluten ni au lactose, mes douleurs sont fortement diminuées, j’ai plus d’énergie, presque plus mal au ventre, moins d’état inflammatoire etc, etc… un bilan ultra positif donc. Difficile de dire ce qui est dû aux compléments alimentaires et ce qui est dû à « tout le reste ». Ce que j’ai constaté cependant dernièrement c’est que lorsque j’arrête certains de mes compléments (parce que j’en ai marre de les prendre ou parce que je suis en panne), certaines douleurs reviennent très fortement au bout de 2 jours et repartent très rapidement dès que je les reprend. Comme quoi…

Faire une cure thermale

Beaucoup de centres de cure thermale orientés rhumatologie développent maintenant des protocoles spéciaux pour la fibromyalgie. Par ailleurs, des études ont été publiées ou sont en cours pour démontrer scientifiquement la pertinence des soins de cure vs les soins « de ville » pour certaines pathologies telles que la dépression ou la fibromyalgie. Il y a, en effet, un réel enjeu pour les thermes de continuer à voir leurs soins remboursés par la sécurité sociale et, pour cela, de prouver les bénéfices médicaux qu’ils peuvent apporter.

Comment se passe une cure thermale en générale ?

Une cure thermale n’a rien à voir avec une thalasso. La thalasso vise le bien-être. Une cure thermale est un soin médicale visant l’amélioration de l’état de santé. Elle se fait sur prescription médicale du médecin traitant, est remboursée par la sécurité sociale et est très encadrée dans son déroulement : un médecin spécialisé en médecine thermale doit vous y voir 3 fois : une fois avant le commencement pour vous prescrire spécifiquement les soins thermaux qui vous seront administrés, puis chaque semaine de cure. Elle dure forcément 3 semaines et vous devez être présent chaque jour pour l’ensemble de vos soins. La durée des soins est codifiée par la sécurité sociale ainsi que le temps de repos entre chaque soin.

Plus d’informations sur la prise en charge d’une cure thermale :

Chaque centre de cure a une ou deux orientations en fonction des bénéfices médicaux que l’on peut attendre de la composition de la ou des eaux thermales qui y sont utilisées. Selon la manière dont on aborde la question, un centre de cure thermal pertinent pour la fibromyalgie pourrait avoir une ou plusieurs des orientations suivantes  :

  • neurologie
  • rhumatologie
  • ou encore affections psychosomatiques

A mon sens, 2 sites internet de référence permettent de rechercher un centre de cure thermal de manière assez efficace (en fonction de l’orientation, de sa localisation, des commentaires des curistes etc…) :

Les protocoles ou programmes spéciaux pour la fibromyalgie ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie. Ils sont d’un coût et d’une qualité très variable. Il peut donc être utile de demander une description précise de leur contenu aux thermes qui les proposent.

Concrètement…

Les soins thermaux ont lieu le matin ou l’après midi selon les centres de cure et durent entre 2 et 3h selon les soins qui vous sont prescrits. Lorsque vous arrivez, vous disposez d’un vestiaire pour vous changer et on vous prête généralement un peignoir et une serviette pour vous sécher après les soins. Un programme vous a été remis au début vous donnant le déroulé précis de vos soins, à la minute près. C’est à vous de vous orienter dans le centre de cure vers les différents soins, dans l’ordre dans lequel ils sont prévus sur le programme. Un soin dure le plus souvent entre 5 et 15′. Ensuite, un temps de latence d’environ 10′ minimum est souvent de mise entre deux soins. Parfois, il vous faudra attendre beaucoup plus entre 2 soins. Prévoyez un livre (que vous ne craignez pas d’abîmer avec l’eau…) pour vous tenir compagnie entre 2 soins.

L’ambiance des soins et le style général des patients sont très différents d’un centre à un autre. Selon l’orientation des thermes, sa taille, la mobilisation du management autour de l’attention à porter aux patients, l’hygiène vous pourrez vous sentir vraiment coocooné ou bien parfois franchement mal traité. J’ai testé 3 centres de cure et je ne me suis vraiment sentie bien que dans l’un d’eux. Pour autant, j’ai rencontré des curistes qui aimaient beaucoup les 2 autres centres de cure et qui y revenaient depuis des années… à chacun, donc, de se trouver un endroit qui lui convient bien.

Bénéfices

Difficile de dire qu’une cure thermale fera du bien tout le temps à tous les fibromyalgiques mais je peux témoigner du fait que la très grande majorité des patients fibromyalgiques que j’ai pu rencontrer en faisant des cures estimaient qu’ils en tiraient un grand bénéfice. Compte tenu des coûts associés à un tel séjour (coût du protocole fibromyalgie si vous décidez de le suivre + coût de l’hébergement et du transport + éventuel complément du coût de la cure si vous n’êtes pas à 100% ou si votre mutuelle ne le prend pas en charge), il est évident qu’il faut trouver un « retour sur investissement » manifeste pour continuer à être curiste chaque année.

Dans mon cas, le bénéfice a été réel lors de ma 1ère cure mais uniquement sur les douleurs, nul lors de la 2ème, formidable lors de la 3ème et moyen lors de la 4ème… Je considère comme bénéfice pour moi : la diminution de la douleur, la diminution significative du stress associé à la pathologie et à ma vie en général, le repos, l’apprentissage de nouveaux éléments sur la fibromyalgie et les moyens de faire face à cette pathologie, la possibilité de rencontrer des malades pour échanger.

Faire une cure thermale est une modalité thérapeutique que je conseillerais à tout fibromyalgique, au moins une ou deux fois, pour voir si cela peut aider.

J’ai testé pour vous

Je suis allée 2 années de suite à Allevard-les-bains, centre de cure dans lequel j’ai effectué une cure en rhumatologie en y ajoutant le protocole de fibromyalgie. J’ai beaucoup apprécié ce centre de cure et, comme exposé au-dessus, j’y ai trouvé des bénéfices réels, raisons pour laquelle je choisis de parler spécifiquement de celui-ci.

Concrètement, le protocole « Fibromyalgie et polyalgies diffuses invalidantes » (non remboursé par la sécurité sociale) prévoit à la fois :

  • des ateliers non thermaux (par exemple : sophrologie, hypnose, cohérence cardiaque, rééducation progressive à l’effort, méditation de pleine conscience, conférence sur la nutrithérapie du Dr Sarah MERRAN (médecin nutrithérapeute), conférence et un groupe de parole par le Dr Minou POIRIER (psychosomaticienne), atelier cuisine, Idogo). Ces ateliers ont lieu soit le matin soit en début d’après midi
  • des soins complémentaires aux soins thermaux (par exemple : emanatorium, Bol d’Air Jacquier, musicothérapie, magnétothérapie, massothermie, sauna japonais, massages
    shiatsu) qui ont lieu en même temps que les soins thermaux « classiques » l’après midi.

Les protocoles ont lieu à dates fixes et en groupes fermés. De ce fait, durant les ateliers collectifs, on est toujours avec les mêmes personnes ce qui permet de rencontrer d’autres curistes, de partager sur sa pathologie (et de découvrir des méthodes de prise en charge qu’on ne connaissait pas) et de lier des amitiés. Quand vous choisissez le protocole fibromyalgie, vos soins thermaux ont lieu l’après midi (à partir de 16h30/17h environ) en dehors des heures d’ouverture des thermes pour les autres curistes. Cela présente l’avantage énorme (à mes yeux) qu’il n’y ait aucune bousculade dans les thermes, qu’on ait le temps d’aller et venir aux soins et qu’on puisse croiser et discuter avec les autres membres du protocole entre ses soins. C’est, du coup, très détendant et relaxant.

Au delà, le directeur des thermes a prêté une grande attention à la formation de son personnel. Ceux-ci sont conscients des difficultés rencontrés par les fibromyalgiques et sont donc très attachés à vous offrir le séjour thermal le moins stressant et le plus doux possible. Si un soin ne vous convient pas (hors soins thermaux à voir avec le médecin), on peut vous en proposer un autre. Si vous êtes en retard à un soin, on vous prend à un autre horaire. Si vous êtes malheureux ce jour là (les cures font parfois remonter pas mal de choses), on vous écoute. Le directeur est présent le premier et le dernier jour pour recueillir l’avis des personnes sur le protocole et des aménagements sont réalisés chaque année pour l’améliorer. Pour finir, de nombreux efforts d’intendance sont faits pour que le séjour soit sans fausse note : propreté impeccable, installations en très bon état, tisanerie, changement de peignoirs gratuit sur demande, etc…

En résumé, le protocole d’Allevard, même s’il est très coûteux, m’a vraiment convaincue de par le professionnalisme que j’y ai observé. En lisant le programme d’autres protocoles fibromyalgie proposés par différents thermes, j’ai trouvé dans peu de centres une approche aussi complète et globale.

Interview de J.P. Curtay sur le site des thermes d’Allevard

 

 

Se doter d’un « chariot de course »

Quoi que son nom puisse prêter à confusion, je ne parle pas d’une caisse à savon…

Chariot de course

Mais d’un « cabas » à roulette qui portera vos courses à votre place.

Le traditionnel et désormais très répandu ressemble peu ou prou à ça :

Cabas à roulettes

Le problème, c’est qu’il faut le tirer derrière vous avec une main, et que, ce faisant, on crée une torsion du dos et une tension au niveau de l’épaule et du coude que certains ergonomes réprouvent fortement – d’autant plus lorsqu’on y a déjà des douleurs.

C’est pourquoi vous pouvez choisir d’investir dans des  modèles qui se poussent ou lieu de se tirer. Bien droit, en poussant des deux bras, vous créez moins de tensions et donc moins de douleurs.

Chez Pasolo, ils en vendent 2 modèles (et rien ne vous empêche de pousser votre recherche personnelle plus loin !) :

Go Up Le Go Up

We Go2Le We Go

J’ai testé pour vous le « Chariot de course WE GO »

Le mien est orange alors on l’a appelé « mandarine ». Il peut porter jusqu’à 3 packs d’eau et pas mal de courses. Il est livré avec une protection imperméable à ajouter sur le dessus s’il pleut (on peut la ranger dans une petite poche sur le devant). Le chariot est doublé d’une sorte de grande poche noire intérieure qui se ferme par un lien et qui agrandit la contenance global du We Go puisque des articles peuvent déborder en hauteur des parois externes en étant maintenus par cette poche intérieure (on l’aperçoit sur la photo ci-dessus).

Plus haut qu’un caddy traditionnel, il évite de se baisser trop pour aller tout au fond. Il emporte également plus de chose (50 litres env). Il est enfin hyper stable puisque sur 4 roues alors qu’un caddy classique sur 2 roues doit être porté en partie et peut « verser » au passage d’obstacles comme un trottoir ou une marche. Il se plie si bien qu’il tient très peu de place à la maison. Il est très maniable.

Il ne peut absolument pas servir de déambulateur : il n’est pas prévu pour et ne serait pas stable. Sa poignée se monte et se descend mais je trouve qu’elle reste un peu basse et étroite pour moi. Il est très coûteux pour un chariot de courses…

En conclusion : toute la famille a adopté avec ravissement Mandarine et s’en sert absolument pour tout.

 

Se doter d’un déambulateur / d’un fauteuil roulant

Le constat

Il peut arriver certains moments de la vie d’un fibromyalgique où celui-ci doit se rendre à l’évidence : il ne peut plus faire ses courses, il ne peut plus prendre les transports en commun et, plus globalement, il hésite à sortir de chez lui parce qu’il ne sait jamais s’il trouvera l’énergie de rentrer.

Ces incapacités progressives, soudaines, temporaires ou prolongées peuvent être dues à la fatigue (j’ai fait mes courses mais je n’ai plus la force de les porter pour rentrer chez moi et je ne peux plus marcher) ou à la douleur (je n’arrive plus à tenir en position debout statique ou mobile). Du coup, faire la queue à la caisse d’un supermarché, attendre un bus, s’y tenir debout quand il est bondé se transforme littéralement en une épreuve.

Par ailleurs, bon nombre de fibromyalgiques avaient une activité physique soutenue avant de développer cette pathologie. Par exemple, ils allaient marcher avec des amis le WE. Mais maintenant, cela devient difficile.

Parfois, marcher seulement 100 mètres est impossible pour un fibromyalgique.

C’est pourquoi il peut arriver un moment où il faut accepter de se doter d’outils et d’équipement pour se simplifier la vie et rendre sa mobilité de nouveau possible afin de conserver son autonomie et ses relations sociales et amicales. Un déambulateur / un fauteuil roulant en font partie.

Quelques pistes de réflexion

« Un déambulateur ? Un fauteuil roulant ? Moi ?! ça va pas ?! » C’est à peu près ce qu’on peut se dire au début… Voici quelques idées pour vous aider à passer le cap plus en douceur (à vous de voir lesquels vous semblent pertinentes dans votre cas) :

1/ parlez-en à vos proches (conjoint(e) / enfants…) pour tester leur réaction. Voyez ensemble quels bénéfices vous pourriez retirer de cet achat et notamment la possibilité de refaire des choses que vous ne pouvez plus facilement faire avec eux. Sortir avec un déambulateur / un fauteuil roulant est surtout gênant de par l’idée qu’on s’en fait de soi… les autres s’adaptent très bien.

2/ si vous en avez la possibilité financière, achetez un « beau » déambulateur. Laissez tomber les modèles qui font « truc de vieux » (même si vous vous considérez comme « vieux » !). Les fabricants commencent à imaginer des modèles multi-formats au design soigné. Allez vous balader sur Internet et trouvez des couleurs et des options qui vous plaisent et vous correspondent.

3/ réfléchissez vraiment à vos besoins : que le modèle de déambulateur puisse surtout porter vos courses à votre place, que vous puissiez vous asseoir facilement dessus (à la caisse du supermarché par exemple ou dans la file d’attente d’un spectacle etc…), que vous puissiez disposez d’un fauteuil roulant pour quand vous ne pouvez plus marcher etc…

4/ un déambulateur / un fauteuil roulant prescrit par votre médecin est remboursé par la sécurité sociale. Pour préparer le financement du complément restant à votre charge, demandez au vendeur un devis à soumettre à votre mutuelle. Envisagez la solution de la surcomplémentaire santé (auprès de votre mutuelle ou d’une autre mutuelle).

5/ n’hésitez pas à acheter par Internet si les pharmacies qui sont proches de chez vous ne vous proposent rien de convainquant. Certains sites sont spécialisés dans le matériel pour personnes handicapées et proposent de très nombreux modèles avec un service client impeccable. Je citerai par exemple le site pasolo.com chez qui j’ai acheté plusieurs objets coûteux dont l’un était légèrement défectueux et pour lequel la réparation s’est faite de manière hyper efficace, avec un contact client très agréable et sans frais pour moi.

J’ai testé pour vous

Le « Rollateur Rollz Motion » – un déambulateur orange flashi très futé qui se transforme en quelques secondes en fauteuil roulant.

deambulateur-4-rouesRollz MotionRolls MotionRollz Motion

Mon avis :

1/ Tout le monde le trouve joli. Je n’ai eu que des remarques positives sur cet objet à tel point que des personnes m’arrêtent régulièrement dans la rue pour me poser des questions à son sujet et m’en faire des commentaires. Dans les transports en commun, lorsque je suis assise à une place avec mon « rollz » devant moi, je constate souvent que toute sorte de personnes (jeunes et moins jeunes) s’appuient dessus avec soulagement… comme quoi. Un jour, dans la rue, une vieille dame voulait absolument s’asseoir dessus (il était un mode déambulateur) et que je la pousse. Sa couleur attire le regard et les compliments.

2/ La transformation en fauteuil roulant est hyper simple. Elle prend moins d’une minute. Le fait d’emporter le « kit fauteuil » (le sac noir avec la poignée rouge sur la photo ci-dessus) donne une grande liberté d’esprit : je marche aussi longtemps que je peux et quand je ne peux plus, on peut transformer le déambulateur en fauteuil. Attention, cependant, il a des petits roues ce qui signifie qu’on ne peut déplacer par soi-même le fauteuil en étant assis dessus : il faut que quelqu’un vous pousse. Je trouve que le kit fauteuil gène un peu lors de l’utilisation en mode déambulateur.

3/ Le fauteuil roulant est d’un confort agréable mais il reste un objet d’appoint : il est un peu dur (j’y ai cependant déjà passé la journée entière sans douleurs particulières – il est donc tout à fait opérationnel). Sa maniabilité est moyenne pour celui qui pousse. Le franchissement d’obstacle (trottoir) est tout à fait faisable mais demande un petit coup de main. Ne pas hésiter à en rire à deux lors des premières sorties ! Une fois l’habitude prise pour celui qui pousse comme pour celui qui est assis dans le fauteuil, l’expérience est tout à fait agréable. Qu’il est bon de pouvoir suivre le groupe, d’oublier sa douleur pour être présent aux autres. Il permet également de se déplacer beaucoup plus rapidement que la vitesse de marche « habituelle » d’un fibromyalgique qui peut être très très lente.

4/ L’assise en mode déambulateur est très pratique et confortable. Outre la classique attente à la caisse du magasin ou à l’arrêt du bus, rien ne vous empêche de vous y asseoir même dans un magasin, devant un rayon, lorsque vous hésitez sur ce que vous devez acheter. Les gens comprennent très bien et vous contournent. Ces courtes pauses de quelques secondes ou minutes permettent de mieux tenir dans la durée.

5/ Le déambulateur se plie mais reste encombrant et lourd. C’est possible de le faire rentrer dans une voiture (même petite) mais il tient de la place et le soulever demande de la force.

6/ Il est possible d’acheter un sac qui se fixe sur le déambulateur. Il est cher et finalement pas très grand. Il permet de remplacer un sac à main et de contenir quelques petites courses comme du pain, une revue etc… Mais ce n’est pas un sac de courses. Un petit filet de course est accroché sous le déambulateur mais ne contient pas grand chose.

7/ Il est possible de suspendre ses sacs de courses aux poignées, même si cela gêne un peu les freins. En tant que tel, on peut même faire porter beaucoup de choses au Rollz. Néanmoins, les sacs débordent sur les côtés extérieurs du déambulateurs et, du coup, gênent le passage des portes (d’ascenseur, de magasins etc…). Ce n’est donc pas fait pour faire des courses importantes mais tout à fait ok pour faire de petites courses du quotidien.

8/ Très peu pratique dans les sols meubles. Il s’enfonce, est impossible à pousser. Je ne suis pas certaine qu’il conviendrait pour faire de la rando. Mieux vaudrait, pour cela, se procurer un modèle fait pour (comme le Trionic Veloped) qui ne se transforme pas en fauteuil roulant mais me semble plus « tout terrain ».

9/ Très coûteux, il me semble aussi très solide et fait pour durer. C’est donc un investissement. J’ai constaté en rédigeant cet article qu’il existe beaucoup de nouveaux modèles dont certains beaucoup moins chers (comme le fauteuil de transfert Drive).

10/ Même si, pour l’instant, mon « Rollz » est rangé dans un placard car je n’en ai plus besoin, il a changé ma vie pendant des mois en me permettant de faire et refaire beaucoup de choses que je ne pouvais plus faire. L’avoir me rassure. Je sais que j’ai, avec lui, une solution pour « suivre » et conserver mon autonomie dans les mauvaises passes. Et puis enfin… qui n’a jamais rêvé de « rouler en Rolls » ?… :p

La 1ère fois qu’on s’assoit dans un fauteuil roulant, on peut avoir l’impression qu’on a « touché le fond », que sa vie est finie puisqu’on n’est même plus capable de marcher… Je suppose que bien des personnes contraintes d’utiliser constamment dans un fauteuil roulant pourraient dire le contraire car elles conservent une vie qualitative malgré leur handicap. En outre, rappelez-vous que les crises douloureuses de la fibromyalgie vont et viennent. Ce que vous vivez à un moment donné ne durera pas toujours. Un déambulateur/un fauteuil vous offre des possibilités en plus. Rien de moins.

Chaque année, la fondation APICIL propose une conférence gratuite passionnante sur le thème de la douleur. Je vous recommande donc d’assister à celle-ci si toutefois vous êtes de la région Lyonnaise.

« Existe-t-il un lien entre mauvais sommeil et douleurs chroniques ? Faisons le point sur les connaissances actuelles. La conférence sera animée par le docteur Hélène BASTUJI, chercheur et spécialiste du sommeil à l’hôpital Neurologique Pierre Wertheimer de Lyon et le docteur Gilbert ANDRE, responsable du centre de la douleur chronique du Centre Hospitalier Emile Roux au Puy-En-Velay.

Mardi 13 octobre 2015 à 18h30 – accueil à partir de 18h00.

Université Catholique de Lyon
Nouveau Campus Saint-Paul
10, place des Archives – LYON 2

Accès en transports en commun : arrêt PERRACHE, métro Ligne A, Tram T2, bus C19. C21. C22.
Entrée gratuite / places limitées.

 

Troubles du sommeil et douleurs chroniques – flyer

L’hypnose

La recherche scientifique tend à prouver que l’hypnose est un allié précieux dans la gestion de la douleur. Dans certains pays comme la Belgique, l’hypnose est parfois utilisé en lieu et place de l’anesthésie. En France, j’ai l’impression que de plus en plus d’hôpitaux forment leur personnel à l’hypnose et se sensibilisent à cette méthode. J’ai en effet eu affaire avec 3 hôpitaux publics et 1 clinique privée récemment. Les quatre m’ont parlé de l’hypnose et/ou me l’ont proposée directement en accompagnement d’autres soins.

Il se trouve que c’est une technique que je connaissais déjà car j’y avait eu recours pour préparer des examens qui me stressaient beaucoup, avec un résultat très probant. Du coup, j’ai été d’autant plus encline à accepter ces propositions, notamment autour de la question de la douleur chronique et je pense que c’est un outil à ne pas négliger.

Concrètement…

Concrètement, à moins d’être accompagné par un hypnothérapeute dans un cadre hospitalier, les séances seront à régler vous-mêmes et ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale. D’une durée d’environ 45′ à 1h, leur tarif est naturellement variable d’un praticien à un autre. Je n’ai pas fait de recensement particulier à ce sujet mais de mon expérience, il me semble qu’un coût de 45 à 60€ est « raisonnable ». Selon votre budget, vos besoins, la pratique du thérapeute, vous pourrez avoir une séance par semaine, tous les 15 jours ou bien une par mois. L’hypnose n’a pas vocation à être une thérapie de longue haleine. En toute logique, vous ne poursuivrez pas ce travail de manière régulière pendant des années. Dans le cas de la lutte contre la douleur, il me semble que l’hypnose peut aider en 2 points principaux :

  • le thérapeute apprend aux patients des techniques d’auto-hypnose lui permettant en autonomie de mieux supporter ou de réduire la douleur
  • le thérapeute aide le patient à traiter/dépasser une ou des causes émotionnelles/psychologique de la douleur, par exemple un traumatisme.

Si vous n’avez pas les moyens de vous lancer dans un accompagnement de ce type, une autre solution existe sous la forme d’enregistrement sonore d’hypnose appelés des Audiocaments.

Tandis que l’hypnothérapeute vous propose normalement une séance « sur-mesure » en lien avec vos propres difficultés, il est évident qu’un enregistrement ne s’adaptera pas à vous. Néanmoins, j’utilise les Audiocaments depuis plusieurs années et j’ai maintes fois constaté leur intérêt car ils sont relativement ciblés par thématique (céphalés, mal de dos, douleurs chroniques, détente chez le dentiste, mal au ventre etc…). Deux voix (souvent une féminine et une masculine) se relaient (et se superposent) pour vous amener à un état de profonde détente puis un état modifié de conscience pour induire des messages aidant à dépasser la difficulté ciblée ou composer avec.

Ces enregistrements peuvent s’acheter et se télécharger en format mp3 et coûtent environ 10€ pour un thème (attention, les prix indiqués sont hors TVA – il existe des packs avec plusieurs thématiques rassemblées). Vous trouverez sur le site des éditeurs une description complète de cette méthode pour vous faire votre idée.

Les techniques d’hypnose plus spécifiques pour la gestion de la douleur

Même si l’hypnose thérapeutique est de plus en plus connue, je me rends compte que certaines personnes craignent encore cette approche de peur d’être « manipulé » et qu’on leur fasse faire des choses qu’ils ne souhaiteraient pas en état d’hypnose. A ce titre, Hollywood n’aide pas vraiment car à l’instar de ce que montre la télévision ou le cinéma, l’hypnose thérapeutique n’a rien à voir avec l’hypnose « de spectacle » (dont j’ignore si elle existe réellement ou si elle n’est que « trucs et astuces » !). Certes il faut consulter un hypnothérapeute formé, certifié par un organisme sérieux – on ne peut pas s’improviser hypnothérapeute – mais au même titre que n’importe quel professionnel de la relation d’aide se doit d’être formé, supervisé et d’avoir a minima fait un travail sur lui.

Personnellement, je suis toujours pleinement consciente lors des séances d’hypnose. Je ne ressens pas les mêmes choses que dans mon état de conscience habituel (par exemple, j’ai l’impression que mes bras sont détachés de mon corps, ce qui est plutôt amusant en fait) mais je sais ce qui se passe et je peux stopper la séance si quelque chose ne me convient pas.

Pour la douleur, plus spécifiquement, j’ai testé :

  • la technique du gant magique : la suggestion vise à donner à sa main, revêtue d’un « gant magique » (imaginaire, s’il est besoin de le préciser) des pouvoirs analgésiques. En posant ensuite sa main sur une zone douloureuse de son corps, on permet à cette zone de bénéficier des pouvoirs du gant magique.
  • la mise en forme/couleur de la douleur et sa modification : dans ce cas, on se concentre sur la zone douloureuse et on cherche à donner une forme ou une couleur à la douleur. Par exemple, dans le cas d’une céphalé : je ressens la douleur et j’essaie de la préciser de plus en plus (est-ce qu’elle vibre, brûle, tire, déchire etc…). Dans ce cas, j’ai l’impression qu’un tournevis est planté sur le côté de mon crâne. C’est un tournevis plat, en fer, assez grand, avec un manche en bois. Je vais peu à peu imaginer que ce tournevis rapetisse, puis je vais changer sa matière : de fer et bois il devient marshmallow par exemple. Puis je vais changer sa couleur etc… A la fin, c’est une douce plume rose pâle qui me caresse le côté de la tête, là où j’ai mal. La douleur s’est atténuée. Parfois, la douleur brûle, dans ce cas, je vais imaginer une zone bleue, fraîche autour de ma douleur, sous la forme d’une vapeur. Elle s’insinue dans la zone douloureuse et l’atténue etc…
  • l’écoulement de la douleur : je peux tenir dans ma main un objet réel ou imaginaire (une pierre par exemple) et imaginer que ma douleur descend le long de mon bras et coule hors de moi jusque dans l’objet. Elle sort de moi et investie un autre objet. Après la séance, je peux jeter l’objet, l’enterrer, le mettre dehors de chez moi par exemple. Je peux également imaginer, pendant la séance, une eau « magique » fraîche qui s’écoule sur mon membre douloureux. Elle apaise la douleur et l’emporte avec elle.

Ce ne sont que quelques exemples. Un thérapeute saura vous aider à trouver et à vous approprier les techniques qui vous conviennent particulièrement.